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14 juin 2006

Paris — Expo Pierre Curie au Panthéon

Ce compte-rendu a été publié dans le n° 15 de Radiofil magazine.
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« Aux grands hommes la patrie reconnaissante », tels sont en lettres d’or, les mots inscrits depuis 1837 sur le fronton de notre célèbre Panthéon.
 
En 1764, Louis XV pose la première pierre d’une gigantesque église (terminée en 1789) dédiée à sainte Geneviève (inhumée à ce même endroit en l’an 500). Dès l’origine le projet de l’architecte Jacques-Germain Soufflot (1713-1780) était d’allier les architectures gothiques et antiques. L’imposant fronton triangulaire, les trente-deux majestueuses colonnes corinthiennes et la forme du dôme évoquent le Panthéon de Rome.
 
En 1791, la Révolution fermera l’église pour en faire un temple laïc dédié aux grands hommes de la liberté française. Ce superbe monument deviendra le Panthéon des dieux de l’époque. Les premières dépouilles admises en ce lieu seront celles de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) et de Jean-Paul Marat (1743-1793), dont le cercueil sera retiré du Panthéon en 1795.
 
En janvier 1793, à partir du poids d’un décimètre cube d’eau distillée (à la température de la glace fondante) Antoine-Laurent de Lavoisier (1743-1794) et l’abbé René Just Haüy (1743-1822) déterminent la nouvelle unité de poids, le « grave » (le futur kilogramme). Pour être comparées aux nouvelles unités de poids et de mesures, toutes les mesures de longueur, de capacité et de poids utilisées en France sont rassemblées au Panthéon.
 
Le 12 février 1812, un décret remettait en usage les anciennes mesures. Le système métrique était abandonné, il ne sera à nouveau officialisé et obligatoire en France le 1er janvier 1840. Rendue au culte en 1806, l’église reprendra son nom d’origine jusqu’en 1830 où elle sera rebaptisée Panthéon.
 
Le 31 mars 1851 au Panthéon, Léon Foucault (1819-1868) physicien et expérimentateur (théorie ondulatoire et vitesse précise de la lumière, les courants de Foucault, le gyroscope, le télescope à miroir parabolique, etc.) démontre avec son célèbre pendule (poids de 28 kg suspendu à la coupole par un fin fil d’acier de 67 mètres) que la terre tourne autour d’un axe. La démonstration publique fut rapidement interrompue car en décembre 1851, le futur Napoléon III rend le monument au clergé. En 1885, à l’occasion de l’enterrement de Victor Hugo, l’église Sainte-Geneviève redevient Panthéon.
 
En 1995 le pendule de Foucault a été réinstallé au Panthéon comme en 1851.
 
C’est dans cet édifice mythique et en présence du ministre de la Culture et de la Communication, du président du centre des monuments nationaux, du président de l’institut Curie, de la présidente et du directeur de l’école supérieure de physique-chimie industrielles, de l’administrateur du Panthéon, ainsi que Madame Hélène Langevin et Monsieur Pierre Joliot-Curie entourés d’une pléiade d’éminents professeurs et acteurs du monde culturel, industriel et scientifique comme Pierre Gilles de Gennes (Nobel de Physique 1993), que fut brillamment inaugurée le 14 juin 2006 dans l’immense crypte du Panthéon l’exposition : Pierre Curie, l’homme, le scientifique
 
Faiblement éclairée par endroit par des lampes à filament de carbone (légèrement sous-alimentées), la grande salle voûtée de la crypte était superbement décorée par de nombreux documents explicatifs, voire personnels sur la vie et la famille de Pierre et Marie Curie.
 
Des matériels et instruments anciens comme la remarquable balance apériodique brevetée par P. Curie (précision 1/100e de milligramme) étaient présentés dans les vitrines murales. Certains appareils récents mettaient en exergue la mise en application des travaux de Curie, notamment divers appareils, composants électroniques et appareils ménagers qui utilisent la piézoélectricité.
 
Pour symboliser les travaux de Pierre Curie et de son frère Jacques sur la piézoélectricité, dès l’entrée, trônait un énorme bloc de quartz de 150 kg (prêt du muséum d’Histoire Naturelle). La partie centrale de la salle présentait différents produits et appareils sous vitrine dont le célèbre électromètre conçu par Pierre Curie (en fonctionnement) avec sa balance à quartz et sa chambre d’ionisation. La chambre d’ionisation originale étant toujours radioactive, l’ensemble a été entièrement reconstruit à l’identique par notre ami Bernard Pigelet qui présentait aux nombreux visiteurs le principe de fonctionnement et méthodologie de mesure de charges électriques infinitésimales.
 
Fils d’un médecin protestant, Pierre Curie obtient à 18 ans sa licence de physique à la Sorbonne. Avec son frère Jacques Curie (1855-1941), il étudiera un important phénomène qu’il appellera « piézoélectricité ». Il travaillera sur la symétrie et les répétitions dans les milieux cristallins et s’intéressera également au magnétisme. À partir de 1895 Pierre délaisse ses recherches sur le magnétisme et aide Marie Curie, dès lors c’est à pas de géant qu’ils vont faire progresser la découverte de la radioactivité.
 
Cette superbe exposition présente les grands thèmes de recherches des Curie.
 
La découverte des propriétés piézoélectriques
 
Sur l’idée du physicien français Gabriel Lippmann (1845-1921), en 1880 les frères Curie découvrent l’effet réciproque de la piézoélectricité, phénomène selon lequel il apparaît un potentiel électrique sur certaines faces d’un cristal soumis à une pression mécanique. A l’inverse le cristal subit une déformation mécanique lorsqu’un champ électrique est appliqué sur certaines de ses faces. Cette importante propriété sera rapidement exploitée par Pierre Curie pour la mesure de très faibles quantités d’électricité (balance à quartz liée à l’électromètre « Curie »). Il est également l’auteur de travaux sur la symétrie dans les cristaux. Il énonce le principe général selon lequel les éléments de symétrie de la structure d’un système se retrouvent dans les propriétés de celui-ci. Ce principe permet par exemple, de déterminer si un phénomène physique est possible ou non.
 
Le magnétisme des corps
 
Suite aux recherches effectuées sur le magnétisme dans les matériaux, Pierre Curie présente sa thèse en 1895 qui porte sur les différents types de magnétismes et contient une étude détaillée des relations entre la température et les propriétés magnétiques des matériaux. Dans ce travail, il propose la loi, dite loi de Curie, et définit le point de Curie, température à partir de laquelle un corps ferromagnétique devient paramagnétique. Cette étude sera complétée dix ans plus tard par la théorie de Paul Langevin (1872-1946) sur la structure atomique de la matière.
 
La radioactivité
 
En 1896 au cours de ses travaux sur la fluorescence, Henri Becquerel (1852-1908) constate un rayonnement similaire émis par les sels d’uranium et le physicien allemand Wilhelm Röntgen (1845-1923) vient de découvrir les rayons X (prix Nobel 1901). Sensibles à ces résultats, Pierre et Marie Curie affinent du minerai de pechblende (minerai riche en uranium). Ils en extraient des éléments radioactifs (grâce à la balance piézoélectrique) et en 1898, ils découvrent le polonium et le radium. Dans les années qui suivent, installés dans un misérable hangar, Pierre et Marie traitent plusieurs tonnes de minerai venu d’Autriche et arrivent à extraire une fraction de gramme de radium. Ces travaux seront couronnés en 1903 par le Nobel de physique partagé par Henri Becquerel et Pierre et Marie Curie (qui fut la première femme a être honorée par le prix Nobel) .
 
Pierre Curie décède accidentellement à Paris en 1906. Marie se retrouve seule avec ses deux filles, elle poursuivra activement l’œuvre commune et remplacera son mari à la Sorbonne (elle sera ainsi la première femme à accéder à une chaire de la Sorbonne). En 1911 elle sera la première scientifique a être honorée par un second prix Nobel (de chimie). En 1914, elle crée l’institut du radium à Paris. Elle participe ensuite à la fondation de l’institut Curie. Pendant la première guerre mondiale, elle organisera le premier service radiographique mobile. Affaiblie par une trop longue exposition aux rayonnements Marie Curie s’éteindra le 4 juillet 1934.
 
Dans cette imposante crypte du Panthéon, à quelques pas de la salle d’exposition, nous nous sommes retrouvés très nombreux à venir nous recueillir sur les tombes de Pierre et Marie Curie.
 
Le 21 avril 1995 lors d’une touchante et imposante cérémonie, pour la première fois, le Panthéon accueillait en son sein une femme de sciences reconnue pour ses mérites.
 
Entourés de plus de 70 célébrités, Pierre et Marie Curie ont comme voisins immédiats : André Malraux, Jean Moulin, Victor Hugo, Emile Zola et l’abbé Grégoire dont le surnom était « l’homme le plus honnête de France ».
 
Le cocktail et le buffet étaient remarquables, ce qui confirme que les hommes, qu’ils soient politiques, industriels ou scientifiques savent aussi apprécier les bonnes choses de la vie…
 
Lors de cette impressionnante inauguration, l’association Radiofil était représentée par Pierre Demerseman (RFL 3285) maître de recherches à l’institut Curie et membre d’honneur du club, par Bernard Pigelet (RFL 65) et par moi-même.
 
De par la puissance qui se dégage de ce gigantesque édifice, sa grandiose richesse artistique, et l’esprit présent des plus grands personnages de notre histoire, cette exposition laissera à tout visiteur un impérissable souvenir.

Sylvain Melot (RFL 2177)

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